22 novembre 2021

Radio Repère Des îles, 106.5 FM stéréo

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Haiti – Sud-Est-Intempéries: Une partie de la commune des Cayes-Jacmel, dévastée par la tempête Grâce

Par Marc-Férol BENOIT, Juriste et Journaliste

A Cayes-Jacmel, l’une des dix communes du département du Sud-Est et l’une des communes les plus touchées après Marigot lors du passage de la tempête Grâce, le 16 août 2021, les autorités haïtiennes se font encore attendre. Les riverains alarmés, ne sachant à quel saint se vouer, lancent un cri de désespoir et de secours à la société civile.

Sans abri, sans vêtement, sans un sous telle est la condition d’une dizaine de famille de la section communale ravine normande de Cayes-Jacmel. La rivière a laissé fâcheusement son lit normal et engage largement la grande route, ce qui rend difficile le transport en commun et empêche aussi les marchands à écouler leurs produits. Grâce a ajouté une autre page de misère et de calamité dans le quotidien malheureux des gens de Cayes-Jacmel.

La tempête a tout dévasté sur son passage. Un homme, âgé de 90 ans, est mort noyé dans la rivière mahotière, deux maisons détruites, des champs de bananes, des sacs de charbon de bois, des produits alimentaires et d’autres produits sont tous engloutis par la dévastatrice tempête Grâce, a confié un notable de la zone.

« Ça fait déjà une semaine, personne n’est venu à nous. J’ai tout perdu. J’ai perdu toutes mes marchandises, je pourrais les estimer à 75 000 gourdes environ », a déclaré Madame Monette Jean Charles.

Pour sa part, Madame Roseline Vixama a exprimé ses peines et misères en ces mots :  » Je ne m’attendais pas à tous ces dégâts. J’étais seule avec mes 3 enfants à la maison, mais lorsque j’ai constaté qu’au fur et à mesure les pluies, les cours d’eau et les rivières deviennent de plus en plus endiablés, j’ai décidé d’évacuer la maison. Mais le lendemain matin, quand je suis retournée, il ne me restait que des tonnes de boue envahissant la maison et un à deux sacs de charbon qui s’y flottaient vaguement », a témoigné Madame Roseline Vixama.

La rivière mahotière, la rivière massacre et les ravines sèches se sont mises toutes ensemble. Des pertes considérables ont été enregistrées: les routes sont coupées, des marchandises perdues et volées, pas d’électricité, pas d’eau potable, alors que les élus du Sud-Est se font remarquer par leur absence. Ils se concentrent sur les Nippes et le Sud qui ont été secoués par le tremblement de terre en ignorant tout bonnement  les sinistrés de Cayes-Jacmel.

Malgré tout ce que traversent les laissés pour compte, ils espèrent encore une intervention de l’État ou de la Protection Civile. Les abandonnés, les oubliés ont imploré grâce après la tempête Grâce pour pouvoir reprendre le cours de la vie et recommencer à zéro sur de bons pieds.

Source: RRI