Haïti, le grand banditisme : Sensibles à la gâchette, ils gâchent leur avenir…

Haïti, le grand banditisme : Sensibles à la gâchette, ils gâchent leur avenir…

Aujourd’hui, ils sont légion les enfants, adolescents et jeunes qui font partie intégrante des bandes armées en Haïti. Ils volent, séquestrent et tuent de paisibles citoyens. Ces enfants-soldats, selon les témoignages de plusieurs victimes, sont souvent plus cruels que les adultes armés.

Mardi, il est 10 heures du matin, à Portail de Léogâne, une banlieue de Port-au-Prince, Marie-Marthe, sous le choc, des larmes aux yeux, vient d’être dévalisée par trois adolescents armés chacun d’un pistolet. «Je m’apprêtais à prendre un tap-tap pour aller au supermarché. Ils s’approchaient brusquement de moi et m’ont demandé de ne plus bouger, en me pointant leurs armes. Ils ont emporté mes pièces d’identité, une somme de soixante-dix mille gourdes et 200 dollars américains. Dieu merci, j’ai la vie sauve. », a indiqué la quadragénaire.


Ces derniers mois, cette situation prend de l’ampleur, et devenue très préoccupante pour des gens œuvrant à travers différentes couches sociales. Outre la stratégie de gagner plus de territoires employée par les bandits armés, ils recrutent des enfants-soldats dans la capitale et dans les villes de province du pays en vue de grossir leur organisation criminelle.

Anderson Jérôme, âgé de 17 ans

Âgé de 17 ans et membre du gang “400 Mawozo” Anderson Jérôme est un dangereux criminel arrêté par la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) pour son implication présumée dans plusieurs actes dont braquage, vol à main armée et assassinat.

Lors d’une audition à la DCPJ, il a expliqué qu’il a commencé à braquer des gens à l’âge de dix ans. Il utilisait une arme factice pour dépouiller ses victimes de son argent et de son téléphone.

« À 17 ans, j’ai rencontré “Lanmò san Jou”, le caïd des 400 Mawozo, qui m’a confié un pistolet de calibre 9mm en vue de travailler pour son compte. », a déclaré cet adolescent précisant qu’il avait la responsabilité de rançonner les commerçants et les petits détaillants étalant leurs marchandises d’une part, au marché communal de La Croix-des-Bouquets, et d’autre part, dans des quartiers dont “Nan Rémy” et “Raquette”.

Anderson Jérôme a avoué avoir assassiné six personnes parmi lesquelles des membres des gangs rivaux. Orphelin de mère, cet adolescent avait abandonné l’école  alors qu’il était en première année fondamentale. La police dans le cadre d’une filature l’a appréhendé, le lundi 7 février 2022, à la “Gare routière”  de La Croix-des-Bouquets au moment où il s’apprêtait à s’embarquer dans un bus à destination de la ville de Mirebalais.

Elles sont nombreuses les personnes qui sont assassinées, enlevées puis séquestrées. Les filles et femmes qui sont violées par des bandits.



« Là-bas, même les enfants ne sont pas innocents. », a déclaré Thérèse, âgée de 39 ans, traumatisée après sa libération par la Police Nationale d’Haïti (PNH), le mercredi 24 août 2022, lors d’une opération menée à Cité Doudoune, située dans la Commune de la Croix-des-Bouquets. La victime a passé 12 jours entre les mains des ravisseurs. « J’ai passé ces jours sans pouvoir me brosser les dents, ni prendre une bouche et sans rien manger. Lorsque j’ai crié au secours, les enfants riaient en me passant en dérision. », a-t-elle expliqué en gémissant.

Malgré l’arrestation de plusieurs chefs de gang et d’autres tués dans des échanges de tirs avec la Police, résoudre ce phénomène nécessite des actions multidimensionnelles.

« Au regard du droit pénal des mineurs, le mineur se définit comme étant un être influençable, non mature, et ceci il n’a pas de consentement. Des influences venues de toutes parts sont atteintes des enfants en Haïti, notamment ceux des quartiers les plus défavorisés, surtout avec la question de la prolifération des bandes armées. », a indiqué Me Wilbert Alexis, Juriste.

« Des enfants ont dû abandonner la voie de l’éducation, par fautes de moyens économiques auxquels font face leurs parents, pour s’adonner à des activités de rues sous l’influence de nouveaux amis qui, eux-mêmes, ont déjà des liens étroits avec des organisations criminelles. » a relaté, le Psychologue Claude Junior Dubuche

« Outre la précarité des parents, le payroll régulier effectué par les chefs de gang aux membres de leurs bandes armées, est un facteur clé pouvant influencer les enfants à intégrer ces organisations criminelles. », a souligné M. Dubuche.

En ce qui a trait à la cruauté développée chez des enfants-soldats, le psychologue Claude Junior croit que ce comportement est traduit par le fait qu’ils veulent non seulement prouver aux chefs leurs capacités en termes d’actes criminels, mais surtout ils cherchent à se faire accepter parmi eux.

Ce genre de phénomène frappe, tous les jours, à la porte de plusieurs enfants qui sont partis pour la quête d’un mieux-être pour enfin s’assurer de leur survie. Cependant, dans la majorité des cas, ces enfants sont emportés par de nouvelles influences catastrophiques et d’orientations non souhaitées.

Le cas de Jackson (nom d’emprunt), c’est une histoire qui est vraiment triste. Jackson, un enfant-soldat, âgé de 16 ans, est en prison aujourd’hui pour avoir coopéré avec des chefs de gang en mettant de côté toutes ses activités scolaires. En dépit de son intelligence, il avait laissé le toit familial, en classe de 9e année fondamentale (AF), pour devenir l’un des bons serviteurs de « Izo 5 secondes »,  l’un des chefs de gang le plus redoutable dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

Tantôt Jackson s’est réfugié dans un marché public, tantôt dans des stations de véhicules assurant le trajet d’un lieu à un autre en compagnie de ses amis qui n’ont pas reçu, de leur part, une éducation familiale, voire eu la chance de fréquenter une institution scolaire qui les aiderait à pratiquer des valeurs morales et sociales, en servant de modèles pour tant d’autres enfants de divers horizons.

Jackson, très connu par sa taille et sa couleur brune, bénéficiait une attention particulière de la part de l’un de ses nouveaux amis qui va bientôt le présenter à l’un de gang très redoutable en Haïti.

Ses qualités d’être un enfant très intelligent font de lui un élément important aux yeux de ce chef de gang et de ses acolytes. Delà étant, Jackson allait participer à des séances de tirs afin de devenir sans nul doute un enfant-soldat et d’augmenter l’effectif de la bande à ce chef de gang.

Les séances d’entraînement s’intensifient et s’élèvent jusqu’à trois mois au cours desquelles ont pris part Jackson et douze autres nouvelles recrues.

Comme plusieurs autres enfants-soldats recrutés par le gang, on lui a appris le maniement des armes de grand calibre comme M4, Kalachnikov. Il avoue avoir pris part activement dans des scènes de guerres sanglantes entre des gangs rivaux pour le contrôle de la périphérie sud de Port-au-Prince.

Pourtant, Jackson n’a jamais vécu à Village de Dieu avant d’intégrer le gang. Cet enfant-soldat a été appréhendé par les enquêteurs de la Direction Centrale de la Police Judiciaire, le vendredi 25 mars 2022.

Dans les villes de province, la réalité dans enfants au sein des bandes armées n’est pas différente.

Connu sous le sobriquet de «Trois millions », Simond Edlando, âgé de 15 ans, est le chef de file d’un réseau de gang qui opérait à Port-de-Paix, département du Nord-Ouest. Il a été arrêté par la Police lors d’une opération de démantèlement, accompagné de six de ses acolytes, dont Guerridson Louicéus, âgé de 20 ans, sous le chef d’accusation association de malfaiteurs.

Ils ont tous été arrêtés, le lundi 14 novembre 2022, à la suite d’un braquage perpétré sur un autobus, à « Tibwadòm », une location située à Gros-Morne, Commune du Département de l’Artibonite. Ces gens-là entretenaient des liens criminels avec le gang dénommé « Pendu » pour rançonner des riverains.

Parallèlement, ce même lundi, à Bon-Repos, localité située dans la Commune de la Croix-des-Bouquets, département de l’Ouest, la Police, suite à une filature, a réalisé un important coup de filet, en procédant à l’interpellation du jeune Kervenson Vicaire, alias « Team Malè » (équipe de malheur).

Âgé de 25 ans, il a été interpellé pour son implication présumée dans le kidnapping d’une dame, perpétré en son domicile, dans la nuit du mardi 11 au mercredi 12 octobre 2022.

Si autrefois Port-au-Prince représentait le bastion des gangs armés, aujourd’hui, ce phénomène commence à se répandre dans certaines villes de province, à Petite-Rivière de l’Artibonite, à Mirebalais, ville située dans le département du Centre, aux Cayes (Sud), dans la Grand’Anse, à Jacmel, dans le Sud-Est, entre autres.

Augustin Dinardo, âgé de 23 ans et originaire de Saint-Michel de l’Attalaye, a été interpellé par la Police, le lundi 28 novembre 2022, à Mirebalais, pour son implication présumée dans l’enlèvement suivi de disparition de Brown, un enfant de 8 ans. Ce mineur a été enlevé, à la Croix-des-Bouquets, à la fin du mois d’octobre 2022. Bien que les parents de Brown aient versé la somme exigée pour sa libération, les ravisseurs avaient toujours séquestré la victime jusqu’à sa disparition.

Difficile de fournir des chiffres exacts sur le nombre d’enfants et de jeunes faisant partie des bandes armées. Toutefois, visiblement dans les rues, comme sur les réseaux sociaux leurs vidéos sont virales. Ils se défilent tout le temps, en exhibant leurs armes.

Une recherche systématique effectuée sur la page officielle Facebook de la PNH a permis de confirmer que Trente-et-un enfants,  adolescents et jeunes âgés entre 15 à 25 ans ont été arrêtés par la Police, de janvier à novembre 2022. Assassinat, tentative d’assassinat, kidnapping, vol à main armée, viol, trafic de stupéfiants, détournement de camions de marchandises, association de malfaiteurs, sont quelques-unes des infractions qu’ils ont été commises. La majorité d’entre eux faisaient partie des gangs armés opérant dans la capitale haïtienne et dans les villes de province.

Devant l’évolution de ce phénomène, des gens vivant dans des quartiers populaires dont Cité Soleil et Cité Doudoune interrogés, dans le cadre d’un micro-trottoir, ont pointé du doigt les politiciens haïtiens qui sont responsables de la détérioration de la vie de ces enfants aujourd’hui, en leur fournissant des armes et des munitions, notamment en période électorale afin de consolider leur pouvoir.

Ces gens disent croire que seules des actions sociales et éducatives multidimensionnelles, impliquant des acteurs-clés, à savoir l’État, la société civile, la Presse, les ONG, pourraient sauver cette génération d’enfants de ces activités de banditisme.

Rappelons, le vendredi 20 novembre 2015, M. Dieuseul Simon Desras, l’ex-président du Sénat de la République, en conférence de presse, avait révélé que le Président Joseph Michel Martelly, à cette époque avait armé des enfants et coordonne une bande armée dénommée « Chien méchant ». « Ces mineurs provenaient de la zone communément appelée « Quartier Général », dans la capitale haïtienne. », avait-il dénoncé. Malgré cette révélation choque, aucun suivi judiciaire n’a été fait sur cette affaire.

Sept ans plus tard, soit le dimanche 20 novembre, le gouvernement Canadien a annoncé avoir sanctionné le 56e Président d’Haïti, Michel Joseph Martelly, et les anciens premiers ministres Laurent Lamothe et Jean-Henry Céant « pour leur participation au financement des bandes armées.

Enfant de rues à Jacmel demandant l’aumône

Mieux aborder la délinquance juvénile, une alternative pour résoudre le grand banditisme en Haïti

Ces dernières années, Haïti fait face à des problèmes d’ordre socio-économique et politique engendrés par le grand banditisme. Dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince comme dans certaines villes de province, l’insécurité bat son plein.

« La pauvreté et la misère, auxquelles les familles haïtiennes sont confrontées, sont l’une des principales causes incitant les enfants à abandonner leur maison. », a déclaré le Sociologue Omar Garat.

« Les parents, à cause de leur situation économique précaire, ne peuvent pas répondre aux besoins élémentaires de leurs enfants, et ont perdu automatiquement leur autorité parentale. Devant cet état de fait, les enfants ont dû abandonner leur toit familial, en quête d’un mieux-être ailleurs. », a souligné le Sociologue Omar Garat. Réinsérer ces enfants aujourd’hui paraît une chose quasiment impossible, a-t-il conclu.

Dans les années 1980, le pays se dotait des infrastructures et des institutions qui avaient joué des rôles cruciaux dans la récupération des enfants, ayant vécu des déviations sociales. 

«Nous avions l’Ecole Centrale des Arts et Métiers, les Forces Armées D’Haïti (FAD’H), entre autres, qui actuellement n’existent pas. Ces institutions constituaient des espaces de réhabilitation et de réinsertion des enfants. », a critiqué M. Garat. « Alors que la réalité que nous vivons aujourd’hui, c’est que les gangs attirent les enfants et les jeunes. », s’est-il désolé. 

Destination Jacmel, située dans le Sud-Est d’Haïti, à environ 40 km de Port-au-Prince. Dans la ville créative et touristique où plusieurs enfants se sont retrouvés dans les rues, en se livrant ainsi à des activités de délinquance. Tandis que d’autres sont déjà incarcérés pour des infractions diverses. Un état des lieux à la Prison Civile de Jacmel a bel et bien confirmé les conditions dans lesquelles sont incarcérés les enfants en conflit avec la loi.

Comme tout autre détenu adulte, condamné ou non, ces enfants n’ont pas d’espace approprié qui leur est réservé. Parfois, leur cellule sert à garder d’autres prisonniers adultes.

« On est obligés de détenir les mineurs en conflit avec la loi à la Prison, car nous n’avons pas d’infrastructure adaptée pouvant les accueillir. », a regretté Me Mathurin Royal, Substitut du Commissaire du Gouvernement près du Tribunal de Première Instance de Jacmel.

« Jusqu’au mois de novembre 2022, il y a une douzaine de mineurs incarcérés à ladite Prison, dont un condamné. », a-t-il précisé.

A Jacmel, une ONG Belge vient en aide aux enfants…

Constatant la violation systématique des droits des enfants dans le pays, notamment dans le Sud-Est, ils n’ont pas accès à l’éducation, aux soins de santé, et se nourrissent très mal. De plus, l’État comme principal garant de droit n’a aucune politique prenant en compte leur situation. Depuis 2015, l’ONG Belge GEOMOUN, avec l’appui financier de la Direction Générale Coopération au Développement et Aide humanitaire (DGD), a initié un projet à Jacmel, exécuté par le Réseau Sud-Est de Défense des Droits Humains (RESEDH)/RNDDH.

Baptisé « Engagement citoyen communautaire pour favoriser la participation des enfants et des femmes au développement de leur communauté », ce projet visait à apporter un encadrement aux mineurs en conflit avec la loi (MCL), lutter contre la détention préventive prolongée des mineurs, et travailler avec des enfants dans les rues et en situation de rues.

« Ce problème doit être abordé en amont. », a indiqué le défenseur des droits humains, Jétho Pierre Paul, Coordonnateur du RESEDH. Réagissant sur les enjeux du recrutement massif des mineurs dans les bandes armées, il qualifie de violation des droits de l’enfant, en dénonçant l’irresponsabilité des principaux garants de leur droit. Pierre Paul Jétho se dit également inquiet face à une éventuelle augmentation du taux des enfants tués dans des conflits armés.

De 2015 à 2022,  une centaine de mineurs incarcérés à la Prison Civile de Jacmel ont pu bénéficier de l’encadrement de ce projet. Vol, voies de fait, cambriolage, vol de nuit, sont les principaux chefs d’accusation pour lesquels ils ont été détenus. « 99% des mineurs en conflit avec la loi, âgés entre 10 à 16 ans encadrés par le projet ont été drogués.», a précisé M. Pierre Paul.

En dépit de l’absence d’infrastructure appropriée à laquelle le Centre carcéral de Jacmel est confronté pour accueillir des mineurs, à travers la mise en œuvre de ce projet, les mineurs ont bénéficié des formations techniques et professionnelles dans des métiers manuels, particulièrement sur l’artisanat. 

Œuvre d’art des enfants incarcérés à la Prison Civile de Jacmel

Par ailleurs, les responsables du RESEDH / GEOMOUN ont déploré la mort de l’un des mineurs qui avait été lynché à l’arme blanche, puis carbonisé par des membres de la population de la localité de Sable-Cabaret. Cet enfant de rue, en cours de route, avait abandonné l’encadrement du projet pour se rendre à Port-au-Prince où il continuait à mener ses activités de délinquance. Et voilà, de retour à Jacmel, après quelques mois, il allait participer à un viol collectif qui lui avait coûté la vie. Toutefois, les acteurs de ce projet ont dressé un satisfecit par rapport aux impacts positifs que les activités ont eus dans la vie des bénéficiaires.

De la prison à l’Université…

Wilson Délinoit, pendant environ 1 an, a vécu la prison au Centre Carcéral de Jacmel. « Ma famille et moi avions dû laisser la ville de Port-au-Prince en 2014, afin de nous installer à Jacmel. Aujourd’hui, il n’est pas un secret pour personne. La majorité de gens qui abandonnent la ville de Port-au-Prince pour se rendre à Jacmel ou dans d’autres villes de province, la raison est typiquement liée à des causes économiques et d’insécurité », a-t-il témoigné.

Depuis que j’étais tout petit, ma mère, qui a trois enfants, s’est sacrifiée pour prendre soin de nous. Sans assistance aucune d’un père. En dépit de toutes les difficultés financières et d’aucun bien matériel, ma mère s’est embarquée avec nous pour Jacmel, en quête d’un mieux-être. Une fois arrivés à Jacmel, la plus grande inquiétude de ma mère ainsi que la mienne, c’était quoi faire pour assurer le suivi de notre éducation?

« Dès mon arrivée à Jacmel, j’étais encore jeune. Mon niveau de réflexion était un peu enfantin. Ma façon de pensée était différente par rapport à d’autres jeunes qui ont de la maturité. Cela a influencé le choix de mes amis, et ceci des gens que je ne devrais même pas fréquenter. Enfin, cela a occasionné mon arrestation et mon emprisonnement à la prison civile de Jacmel, à la fin de l’année 2014, à cause de mon implication présumée dans un cas de vol. », a-t-il expliqué.

Aussi bien que sa famille, Wilson dit avoir accordé de grande importance à l’éducation. Les jours passent à la prison, les mauvaises images fouettent sa conscience, en constatant comment son avenir était sur le point de gâcher.

Et voilà,  le sauveur arrive !

« Un matin, mon incarcération à la prison civile de Jacmel m’avaient permis de rencontrer des responsables de RESEDH et de GEOMOUN. », s’est-il réjoui.

Après de fructueux échanges, ils m’avaient déclaré qu’ils travaillent avec des jeunes et aider surtout ceux qui voulaient faire du progrès. Et, c’est la raison pour laquelle je leur avais dit que je suis un jeune plein d’objectifs et dans quel domaine que je compte également exceller.

Ensuite, j’en avais profité pour leur dire à cœur ouvert les motifs pour lesquels j’ai été arrêté et écroué à la prison civile de Jacmel. Dès lors, ils m’avaient choisi justement pour faire partie des jeunes qu’ils comptent aider.
Après sa libération, Wilson Délinoit avait repris le chemin de l’école. Vaincre les traumatismes et la stigmatisation de ses camarades dans les salles de classe n’ont pas été une chose facile pour ce jeune garçon. Ses expériences à la prison et ses témoignages lui ont servi de motivation pour franchir toutes ces barrières.

« Aujourd’hui, j’ai 24 ans. Après avoir bouclé mes études classiques en juillet 2022, je compte laisser le pays pour aller étudier, à cause de la situation qui se dégrade de jour en jour », a déclaré Wilson

« J’ai collecté des fonds et avec l’appui de mon oncle qui vit actuellement au Mexique, j’envisage de le rejoindre afin d’étudier  la mécanique industrielle ou finances. Ces domaines sont ma préférence et je rêve de me spécialiser dans l’un des deux. Et dans quelques jours, je devrais me rendre au Mexique. », a-t-il expliqué.

J’ai décidé d’entamer cette étude, par rapport au long parcours que RESEDH avait franchi avec moi. Tandis que nombreux sont les jeunes qui n’ont pas cette opportunité. Une fois terminé, je compterai retourner à mon pays natal afin de mettre au service des autres mon savoir, en partageant avec eux les connaissances que j’ai acquises.

Je compterai également mettre sur pied un programme comme celui de GEOMOUN afin d’encadrer les jeunes qui sont dans des situations de délinquance à changer leur orientation. J’en serai fier.

A noter que Marigot, Seguin, Cayes-Jacmel, Cap-Rouge, Quartier Marbial, Belle-Anse, et Port-au-Prince sont les principales zones de provenance des enfants de rues qui s’installent dans la ville de Jacmel. La situation des enfants de rues dans le Sud-Est est la même pour tous les autres départements.

Claudy Bélizaire, claudyb15@yahoo.fr

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